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Roman: priez pour les Inquisiteurs

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Vendredi, 11 Décembre, 2015 - 05:55

En pleine contre-réforme, l’Inquisition romaine brûle les «hérétiques»à tour de bras. Les riches patriciens, après s’être repus du spectacle, ferment leurs fenêtres, indisposés par l’odeur âcre et fétide de la chair humaine calcinée. Nous sommes en 1598. Un jeune carme espagnol vient prendre des «leçons d’inquisition» à Rome. Il décrit les bons chrétiens qui torturent et assassinent puis rentrent chez eux «avec le sentiment du devoir accompli». Mais un doute s’empare de lui lorsqu’il assiste au châtiment du philosophe Giordano Bruno, dans le petit matin, et surprend le regard de l’homme qu’on va brûler vif, un regard «d’une opiniâtre indifférence». «On aurait dit que cet homme savait qu’il n’existait aucun secours pour les humains.» C’est exilé à Genève, chez les Helvètes calvinistes «insatiables» d’or, qu’il écrit ses mémoires.

La terreur mise en place par l’Eglise catholique ressemble à celle qu’instaureront les régimes du XXe siècle. Sándor Márai sait de quoi il parle. Célébré dans les années 30, l’écrivain hongrois est tombé dans l’oubli après 1948, interdit par le régime communiste. Il se suicidera à San Diego en 1989. La nuit du bûcher, qu’il écrit de main de maître en exil, à Salerne, en 1974, tend un miroir aux totalitarismes de tous les âges.

«La nuit du bûcher». De Sándor Márai. Albin Michel, 255 p.

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