Polar. Dans «Opération Napoléon», Arnaldur Indridason revisite l’histoire. Un roman d’espionnage aussi palpitant qu’intrigant.
Autant le dire tout de suite, qu’il n’y ait pas de déçus: Opération Napoléon, le dernier roman d’Arnaldur Indridason, publié cet automne, n’est pas une enquête de son célèbre commissaire Erlendur. C’est par ailleurs un livre déjà ancien, paru en Islande en 1999, et traduit en français à partir de la version anglaise, à la demande de l’auteur. Cet imbroglio n’est sans doute pas pour déplaire à l’écrivain, historien de formation, qui a fait de la mémoire et du temps l’un des fils rouges de son œuvre.
Au départ d’Opération Napoléon, un mystérieux accident d’avion. Nous sommes en 1945, un bombardier allemand, surpris par la tempête, s’écrase en Islande sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe. A l’intérieur, des officiers allemands, mais également américains. Une partie d’entre eux survit au crash. Rapidement, tous vont mourir de froid. Où allait cet avion? Que transportait-il? Mystère. La mission était apparemment des plus confidentielles et hautement sensible. Dès que possible, les Américains vont faire des pieds et des mains pour discrètement récupérer l’épave sans éveiller les soupçons des Islandais. Plusieurs tentatives échouent. Le glacier semble avoir définitivement englouti l’appareil.
En janvier 1999, toutefois, des traces de l’avion brusquement apparaissent sur les images satellites. Au mépris du droit le plus élémentaire, les forces spéciales de l’armée américaine débarquent en force sur le Vatnajökull. Malheur à ceux qui, comme Elias, se trouveront sur leur route. Le jeune homme sera laissé pour mort dans une crevasse. A Reykjavik, sa sœur, Kristin – à qui il venait de téléphoner depuis le glacier –, échappe de peu à d’impitoyables tueurs. Au péril de sa vie, la jeune avocate va tenter de découvrir la vraie nature de cette opération Napoléon qui, cinquante ans plus tard, conserve toujours des allures de bombe à retardement. Le lecteur s’embarque avec elle dans une terrifiante course poursuite où la vie humaine ne pèse pas bien lourd face au secret d’Etat.
Portrait nuancé de l’Islande
Dans ce roman au suspense et à l’intrigue très maîtrisés, Arnaldur Indridason propose un portrait subtil et nuancé de l’Islande. Il évoque la cohabitation difficile entre ses habitants et les Américains de la base aéronavale de Keflavik. Et bien sûr accorde une large place au paysage, à la nature, à l’évocation du glacier. Aiguilles de glace, bourrasques de neige et blizzard, un bon moyen pour, doucement, apprivoiser l’arrivée de l’hiver.
«Opération Napoléon». D’Arnaldur Indridason. Ed. Métailié, 351 p.
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