Iconoclasme. Les chiens de guerre n’aiment pas la culture, en particulier l’art. Le 22 juin, les forces prorusses de la région du Donbass en Ukraine ont dynamité une œuvre monumentale de Pascale Marthine Tayou. En 2012, l’artiste franco-camerounais avait transformé une ancienne cheminée d’usine de 30 mètres en rouge à lèvres géant, intitulant son installation Make up… Peace!. Le symbole féministe, dédié à la mémoire des femmes du Donbass qui ont reconstruit la région après la Seconde Guerre mondiale, était intégré au centre d’art contemporain de Donetsk, créé en 2010. Le centre a été investi l’an dernier par les séparatistes prorusses, qui ont utilisé des sculptures pour leur entraînement de tirs et saccagé d’autres pièces. La directrice des lieux n’a réussi dans sa fuite qu’à sauver un tiers de la collection. Les paramilitaires sur place n’ont jamais caché leur dégoût pour «l’obscénité» de l’art contemporain. Le centre Izolyatsia («Isolation» en russe), situé dans les environs de Donetsk, a aussi compté des œuvres de Daniel Buren, de Leandro Erlich ou de Kader Attia, actuellement exposé au Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne.
