Le dessinateur Grégoire Solotareffretrouve son personnage fétiche pour une grande aventure. Rencontre.
Ce n’est peut-être pas le meilleur ami de l’homme, mais c’est en tout cas le plus fidèle compagnon de Grégoire Solotareff. Le dessinateur et illustrateur français, né en Egypte en 1953 d’un père libanais et d’une mère russe, a créé en 1989 un petit loup qui célèbre en cette veille de Noël sa deuxième apparition sur l’écran large, dix ans après la série de courts métrages Loulou et autres loups.
«J’avais envie de démystifier un méchant, ce que j’avais déjà fait avec un ogre et des sorcières, raconte Grégoire Solotareff lorsqu’il évoque la genèse de Loulou. Le loup, qui souffre encore d’une image négative, est un animal qui m’a toujours fasciné par sa beauté. Alors qu’on le dit sauvage, il est en réalité très sociable. D’une certaine manière, il est comparable à nous.»
A la fin des années 80, l’album Loulou marque une rupture artistique dans la carrière du dessinateur. Pour la première fois, celui-ci travaille en dessin et en couleur directs, expérimente quelque chose de plus spontané. «J’ai réussi à me libérer de mes peurs de dessinateur, et je n’ai plus quitté cette façon de travailler.» Après sa première expérience cinématographique avec Loulou et autres loups, Grégoire Solotareff décide de tenter l’aventure d’un long métrage. Il écrit une histoire de licorne, un projet baptisé Coolcat qui deviendra U (2006). Puis l’idée de réaliser une grande aventure de Loulou prend forme.
Projet collectif.«Alors que les courts métrages étaient très proches de l’album originel, on a cette fois eu envie de faire vieillir les personnages. Et je dis “on”, parce que ce film est un projet collectif: c’est mon univers, mes personnages et mes décors. Mais, pour le mener à bien, on a été trois, avec le scénariste Jean-Luc Fromental et le réalisateur Eric Omond.
Loulou et son ami Tom le lapin sont entrés dans l’adolescence. Les voici en route pour la principauté de Wolfenberg, où règne un redoutable tyran, à la recherche de la mère du jeune canidé. Entre quête existentielle, aventure et humour, Loulou, l’incroyable secret est un dessin animé qui a le mérite d’aborder de nombreux thèmes sans imposer une lecture univoque. «Dans les histoires pour enfants, la part de mystère est intéressante. Je n’aime pas le schéma à l’américaine, basé sur un savant dosage de bons sentiments et de choses plus inquiétantes. Car il y a là derrière une visée commerciale assez hypocrite.»
De Grégoire Solotareff et Eric Omond. France, 1 h 20.
Avec les voix de Malik Zidi, Carlo Brandt et Marianne Basler.
Sortie le 18 décembre.
